#Ep.6 [LES PARENTHÈSES] : KARL MARX – LE GRAND SOIR VS JOSEPH SCHUMPETER – LA DESTRUCTION CRÉATRICE

Ici il est question de faire connaître un économiste du nom de Joseph Schumpeter. Dans les parenthèses précédentes avec Michel Husson nous avons évoqué la question de la révolution numérique qui engendre une fragmentation sociale et la nécessité de reprendre la réduction du temps de travail en situation d’emploi. Pour parachever la préparation de la 2ème séance consacrée à la croissance, aux changements technologiques et à l’emploi, nous allons faire un petit détour du côté de la pensée de Joseph Schumpeter.

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Biographie : J.S. est né le 8/02/1883 en Moravie (Ancienne Autriche Hongrie) et il décède le 8/01/1950 dans le Connecticut (EU). Il suit les cours de l’école autrichienne à Vienne et en 1932 il s’installe définitivement à Cambridge près de Boston (EU) pour enseigner à l’université privée de Harvard ou il aura comme étudiant des économistes célèbres tels que Paul Samuelson, Nicolas Georgescu-Rogen ou James Tobin. Il est répertorié comme économiste hétérodoxe. En 1942 il publie « Capitalisme, Socialisme et Démocratie » ou il question l’avenir du capitalisme qu’il estime compromis et met en place le concept de « destruction créatrice ».

Comme Marx il explique que le système capitaliste peut s’effondrer mais il rejette le matérialisme historique(1), pour lui la structure économique ne détermine pas entièrement la société et il pense que la loi de la baisse tendancielle du taux de profit (2) peut être contrecarré par l’innovation.
En revanche comme Marx, il pense que la concentration du capital est inévitable et conduit à l’apparition d’une classe de rentiers qui fait tout pour se perpétuée d’une génération à l’autre et tue ainsi le goût du risque et l’esprit d’innovation. Cependant, il ne croit pas que la révolution prolétarienne soit possible sans l’apport d’une large frange de la classe des intellectuels.

La sociale démocratie. Le développement de l’appareil éducatif accroit le sens critique et donc la contestation des rentiers capitalistes. Au fur et à mesure, des majorités démocratiquement élues choisissent de mettre en œuvre des économies planifiées (il écrit en 1942) accompagnées d’un système d’Etat providence. Le climat intellectuel et social nécessaire à l’esprit d’entreprise décline et finit par être remplacé par une forme ou une autre de socialisme encore plus sclérosant.

Schumpeter un hétérodoxe libéral. Il est convaincu que la libre concurrence capitaliste est le meilleur système économique Pour Lui il n’existe pas d’état stationnaire car les innovations qui arrivent en grappe, aux creux des vagues de dépressions, bousculent les positions acquises et ouvrent de nouvelles opportunités et assure ainsi par crises successives la dynamique du capitalisme grâce sa capacité d’adaptation. L’observation empirique des cycles économiques (Kondratieff, Juglar, Kitchin) confirme cette proposition. (La révolution numérique est une parfaite illustration).Mécanisme de la destruction créatrice.

Auberge espagnole. Comme pour tous les grands penseurs, l’œuvre de J Schumpeter est une auberge espagnole surtout en politique et surtout à droite. Elle justifie la nécessaire flexibilité de l’outil de production (ex le marché du travail), permet la mise en avant de la figure vertueuse de « l’entrepreneur » premier de cordée et la juste rémunération de la prise de risque (rémunération élevée, distribution de dividendes, stock-options…).

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Pour conclure. Il semble avoir donné tort à K Marx le système ne s’est pas effondré sur ses contradictions internes, mais l’histoire n’est pas terminée contrairement à ce que certains comme F Fukuyama veulent bien l’affirmer.. La duplicité du discours assimilant « entrepreneur » et « rentier » se heurte aux réalités. L’exploitation de l’homme par l’homme sera toujours une injustice et J Schumpeter n’a pas intégré le fait que la dynamique d’accumulation infinie du capital, quelques soit par ailleur, le type d’innovations, dans un monde fini était une contradiction encore plus insurmontable que la baisse tendancielle du taux de profit.

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